We Forget Because It Works

Vernissage: 16 novembre 2019 - 16h - 21h
16 novembre - 11 janvier, 2020

Après la participation de Volkan Aslan aux deux expositions collectives Home is where the (he)arts is et A Pillar of Smoke organisées dans son espace en 2018, la Galerie Paris-Beijing a le plaisir d’annoncer la représentation de l’artiste, figure majeure de la scène artistique contemporaine turque. Nous sommes également très heureux d’annoncer sa première exposition personnelle en novembre 2019 : We forget Because It Works.

Volkan Aslan s’interroge sur les manifestations de l’imaginaire social dans la vie quotidienne. Son exposition constituera un corpus d’œuvres qui se situent au croisement de différents media : le collage, la vidéo, l’installation, l’aquarelle. Toutes répondent à une volonté de l’artiste d’ancrer sa pratique dans la mémoire collective de son pays natal.

Dans la lignée de ses anciens travaux, Volkan Aslan utilise des objets trouvés, s’intéresse aux situations banales et plus particulièrement aux relations de domination, directes ou indirectes, que nous éprouvons dans notre quotidien. Alors que son exposition Don’t Forget to Remember au Musée ARTER en 2013 explorait les « règles » du souvenir, six ans plus tard,  We Forget Because It Works marque une évolution dans son travail qui se concentre aujourd’hui sur le pouvoir de guérison de l’oubli.

L’installation vidéo Best Wishes sera présentée pour la première fois. Elle constitue l’axe principal autour duquel s’articulent les autres œuvres. Volkan Aslan met en regard la lettre d’un anonyme et des images réelles filmées avec son téléphone à Istanbul. Il exprime ainsi l’état d’isolement dans lequel se trouvent les peuples confrontés à des conflits sociaux. Les figurines de la série Fragile (2013), exposées ici face aux deux écrans, résonnent avec la vidéo, s’imprègnent de celle-ci et nous proposent une nouvelle lecture.

Le néon Mais brille dans l’espace de la galerie et dénonce l’état d’oppression qui règne dans le pays de l’artiste. Volkan joue avec ce mot de transition que nous utilisons chaque jour pour nous transmettre un message aussi poétique que politique. Défini comme une opposition, une précision, une correction par rapport à ce qui a été énoncé, le mot « mais » est également aux yeux de l’artiste un symbole des relations de pouvoir exercées dans le langage.

La série Elections est composée de cinq aquarelles soulignant l’absurdité des élections qui se déroulent en Turquie presque tous les ans. Dans ses dessins, l’artiste suggère avec humour ce spectacle insensé. Dissimulées derrière des rideaux, les scènes qui se déroulent suggèrent à la fois une orgie de l’entre-soi dans une société turque encore très patriarcale et un homoérotisme qui reste aujourd’hui inquiétant et honteux aux yeux de l’Etat.

Dans l’ensemble de son travail, Aslan explore l’idée de mémoire à la fois comme un fardeau et comme une position de pouvoir. Cette exposition est le prolongement de ces questions et met en lumière les liens qui existent entre ses travaux passés et récents : We forget because it works?