L’œuvre de Justin Weiler s’inscrit dans une tension à la frontière entre un espace intérieur et extérieur, entre contemplation et domestication, utopie et dystopie. Les surfaces trament et scandent un motif devenu pattern. Stores, serres, écrans, rideaux de fer, plantes et bouquets de fleurs obéissent à une frontalité stratifiée, comme autant de métaphores des couches d’encre qu’il balaye, de manière répétitive, sur son support. Lorsque le geste s’entête et s’obstine, passe méticuleusement ou nerveusement, sur la couche qui la précède, il la rehausse en même temps qu’il lui soustrait un fin dépôt. Plus mélancolique que moralisatrice, plus poétique que politique, son œuvre monochrome suspend le temps qui passe. Par-delà la grille s’impose une profondeur qui ouvre l’espace et rend visible ce qui était caché. ( Marion Zilio )

Justin Weiler est né à Paris en 1990. Diplômé de l’ESBA (Nantes) et de l’ENSBA (Paris), il vit désormais entre Nantes et Paris. En 2016, il est lauréat du Prix des Arts visuels de la Ville de Nantes et, la même année, de la Biennale des Arts Actuels du CRAC de Champigny-sur-Marne. Il obtient en 2018 une mention de l’Académie des Beaux-Arts de Paris pour le prix Pierre David-Weill. Il était en résidence à la Casa Velázquez à Madrid en 2020 (lauréat de la bourse 2019, section peinture).

Demande d'information

    Né en 1990 à Paris.
    Vit et travaille entre Paris et Nantes.

    2017 DNSAP École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris avec des Félicitations du jury
    2015 DNSEP École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole
    2013 DNAP Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole

    EXPOSITIONS PERSONNELLES

    2021
    « Operire#7 », Galerie Malenie Rio Fluency, Nantes

    2020
    « Operire#6 » – Couvrir, recouvrir, cacher, dissimuler, Galerie RDV, Nantes, France
    « Operire#5 » – Couvrir, recouvrir, cacher, dissimuler, Galerie Paris – Beijing, Paris

    2019
    « Operire#4 », Galerie Mélanie Rio Fluency, Nantes

    2017
    « Operire#3 », Beaux-arts de Paris, Atelier Gauthier, Paris
    « Operire#2 », Lauréat CRAC, salle Jean Morlet, Champigny-sur-Marne
    « Operire », Haus, Blockhaus DY10, Nantes

    EXPOSITIONS COLLECTIVES

    2021
    « Itinérance », Académie des Beaux-Arts, Institut de France, Paris

    2020
    « Festival ¡ Viva Villa ! » 2020, Collection Lambert, Avignon
    « En Chantier », Haos Galerie, Nantes
    « COSMOPOLIS », Galerie Joseph, Paris
    « Arco », ArtsLibris, Madrid
    « Atelier Velazquez », Carte blanche aux artistes de la Casa de Velazquez, Galerie Lou & Loo, Paris

    2019
    « Galeristes », Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker et Galerie Roméro Pierini, Paris
    « Aux Sources des Années 80. Eighties & Echoes », Musée de l’abbaye Sainte Croix, Les Sables d’Olonne
    « Tout doit disparaitre », Galerie Provost-Hacker, Lille
    « Chambre 107 », Le Voyage à Nantes, Océania Hôtel de France, Nantes
    « Drawing Now », Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker, Paris
    « On View », Galerie Vitrine 65, curateur Henri Guette, Paris
    « Decade », Galerie Joseph, Curateurs Guido Pierini et Clara Pagnussatt, Paris

    2018
    « Galeristes », Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker, Paris
    « Le cœur des collectionneurs ne cesse jamais de battre », L’Atelier, Nantes
    « Art delivery #2 » , Open School Galerie des Beaux-arts, Nantes
    « Décadence », Franklin AZZI, Double Séjour, curateur Thomas Havet, Paris
    « Felicità », Palais des Beaux-Arts de Paris, Paris
    « Prix du dessin contemporain », Beaux-Arts de Paris, Galerie Droite, Paris
    « Art Fair / Art Paris », Grand Palais, School Gallery, Paris
    « Prix Pierre David-Weill», Académie des Beaux-Arts de Paris, Paris
    « 100% Beaux-Arts », La Villette, Grande Halle de La Villette, Paris
    « 5mm par Heure», L’Atelier, Lauréats du Prix des Arts Visuels de la ville de Nantes, Nantes

    2017
    « Paysages, pas si sages » Biennale d’Issy, Issy-Les-Moulineaux
    « La jeune création dans l’art contemporain », Biennale de Mulhouse 017, Mulhouse
    « The Big Mosaïc », Kimonos Art Center, Paphos 2017 Capitale Européenne de la Culture, Chypre
    « Prix Pierre David-Weill », Académie des Beaux-Arts de Paris, Paris
    « Une Collection #3 », FrenchArt, Paris
    Tom GreyHound Paris, à l’occasion de la Fashion Week, Paris

    2016
    «Never Let Me Go », duo exhibition avec Chiharu Shiota,  Galerie Hervé Lancelin, Luxembourg
    « Luxembourg Art Week », Galerie Hervé Lancelin, Luxembourg
    « The Market », Galerie Half Image, Chine, Shanghai
    «Tout en Tourment »,  Le Carré, FrenchArt, Vincennes
    «15ème Biennale d’Arts Actuels », CRAC Champigny, Champigny-sur-Marne
    « Vidéoformes », Clermont-Ferrand
    «Transmission », Montreuil

    2015
    « On est là pour voir le défilé », Atelier Alain Le Bras, Nantes
    « Le clou », L’Atelier, Nantes
    « Novembre à Vitry », Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
    « Ubiquité », Galerie Loire – Ecole d’Architecture de Nantes, Nantes
    « Projection », Espace Kiosko, Nantes

    2014
    « On n’ est pas là pour se faire engueuler », Atelier Alain Le Bras, Nantes
    « Inauguration de la galerie Hervé Lancelin », Luxembourg
    « Novembre à Vitry », Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
    « Deutsh Süd-Koreanische Freundschaft », Galerie Dulcie September, Esbanm, Nantes
    « Jeune Création », La Chapelle Bonne Nouvelle, Melgven

    2013
    « Prix Art School » Galerie 59 Rivoli, Paris
    « Novembre à Vitry », Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
    « Transcendance », Festival, Loire-Atlantique, Nantes

    COLLECTIONS PUBLIQUES

    2020
    Artothèque – Nantes

    2019
    Mairie de Champigny-sur-Marne
    Collection du cabinet des dessins Jean Bonna, Beaux-Arts de Paris

    2016
    Artothèque, Nantes

    PRIX & RESIDENCES

    2021
    Lauréat, Prix Beaux-arts de Paris / Collection Société Générale

    2020
    Lauréat, Prix Cogedim/Beaux-arts pour l’ancienne maison d’arrét de Nantes

    2019
    Casa de Velazquez, Membre de l’Académie de France à Madrid, 2019/2020
    Nommé, Prix Chaumet, Beaux-Arts de Paris

    2018
    Lauréat, 1% artistique, SNC Champigny La Boulonnerie et La ville de Champigny sur Marne
    Lauréat, Aide Individuelle à la Création, DRAC de Pays de la Loire
    Nommé, Prix du dessin contemporain des Beaux-Arts de Paris
    Mention, Prix Pierre David-Weill, Académie des Beaux-Arts de Paris, Institut de France, Paris

    2016
    Lauréat, Bourse Diamond, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
    Lauréat, 15ème Biennale d’Arts Actuels, CRAC, Champigny sur Marne
    Lauréat, Prix des Arts Visuels, Ville de Nantes

    2014
    Nommé, Novembre à Vitry

    2013
    Deuxième, Prix Art School, Paris
    Lauréat, Prix Régional du concours «Masque» Crous de la Loire Atlantique

    Justin Weiler, ou le spectacle de la vie moderne
    – par Marion Zilio

    L’œuvre de Justin Weiler s’inscrit dans une tension à la frontière entre un espace intérieur et extérieur, entre contemplation et domestication, utopie et dystopie. Les surfaces trament et scandent un motif devenu pattern. Stores, serres, écrans, rideaux de fer, plantes et bouquets de fleurs obéissent à une frontalité stratifiée, comme autant de métaphores des couches d’encre qu’il balaye, de manière répétitive, sur son support.

    Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Paris-Beijing, Justin Weiler nous invite à flâner à l’intérieur d’une serre d’exposition aux systèmes imbriqués. La galerie est devenue l’antre de tous les seuils, un espace de déambulation au sein des interstices, où s’agencent des fenêtres opaques, des murs extrudés noirs comme des monolithes ou encore une serre rétrolumineuse. Weiler prolonge les chapitres d’un protocole qu’il s’est lui-même fixé : Operire#5 poursuit son inlassable geste de recouvrement. Couvrir, recouvrir, dissimuler, cacher et, par voie de conséquence, révéler à force de masquer. Lorsque le geste s’entête et s’obstine, passe méticuleusement ou nerveusement, sur la couche qui la précède, il la rehausse en même temps qu’il lui soustrait un fin dépôt.

    Opérire
    est né dans les tréfonds d’un bunker. Face au sentiment d’oppression, sous l’épaisseur et la brutalité du béton, Weiler répond à la frontalité par l’écart. Le rideau de fer, dont l’expression fut popularisée par Churchill, est devenu pour Weiler le prétexte à un jeu de matière et de lumière, dont les effets de façades se dilatent dans la profondeur d’un noir rétinien. La surface paraît percée par un halo de lumière qui donne à ces stries accablantes une vibration intense. La froideur du métal et ses résonnances itératives ouvrent peu à peu l’espace et libère la grille de sa lecture unilatérale.

    Dans la série Screen, le plasticien substitue des plaques de verre au papier Arches. Ici le support participe à sa mise en scène et invite les murs de la galerie à révéler les réserves de blancs tels un photogramme ou un négatif photo. Le motif se dilate et chaque passage de noir ou de blanc de Meudon matérialise une épaisseur qui s’étire en jouant de la transparence et de l’opacité. C’est à nouveau ce désir d’étirement, plastique et temporel, qui est à l’œuvre dans le monumental Bouquet pour Annie. Réalisé sur près de trois années, le dessin se présente sous la forme d’un quadrillage composé à l’origine de 81 cadres derrière lesquels pousse et dépérit un bouquet de fleurs. Vanité contemporaine, l’œuvre agence une sorte de retable qui déplie l’image et sature l’espace dans un jeu formel entre la ligne et l’organique. Les plantes grasses ou tropicales, dont Ikea a standardisé nos salons, prennent également place derrière un encadrement de vitrines, tels des animaux enfermés dans leur cage. Les serres sont des couveuses qui accueillent des microcosmes, mais elles sont aussi l’apanage des colonisateurs qui exhibent les fruits de leurs conquêtes, comme le fit le Palais de Cristal du Retiro à l’occasion de l’exposition sur les Philippines en 1887. Conçu par l’architecte Ricardo Velásquez Bosco, le Palais présentait l’« exotisme » de la vie quotidienne de ses colonies espagnoles, tandis que le jardin du Retiro reconstituait un village indigène. En résidence à la Casa Velásquez, Weiler réalise Madrid, une composition quasi-carcérale exposant des Aloe vera. Au fond de la galerie, la serre Ad Retro enduite dans un geste frénétique et libératoire de blanc de Meudon apparaît dès lors comme une tentative d’expiation. Généralement utilisée pour occulter les vitrines ou comme produit d’entretien, la pâte opère un recouvrement qui invisibilise ce qui d’ordinaire est exhibé. L’architecture rétroéclairée inverse les contrastes : le noir provient du blanc, et l’on contemple son occultation.

    La vitrine, avec ses jeux de reflets qui nous intègrent à l’objet désiré, matérialise un espace médian dont la légèreté et la transparence sont enfin transformées en barrière opaque dans les sculptures Mapp, réalisées en Mortier Adhésif pour Placoplâtre. Face à la précision du geste que l’on retrouve dans ses vanités s’élèvent des monolithes mystérieux, censés peut-être influencer l’évolution de l’espèce humaine. Plus mélancolique que moralisatrice, plus poétique que politique, son œuvre monochrome suspend le temps qui passe. Par-delà la grille s’impose une profondeur qui ouvre l’espace et rend visible ce qui était caché.